My DrNatura Experience

 

Et ce corps, à qui appartient-il, au fait?

Récemment, j’ai pris l’habitude de demander à mes amis : « Est-ce que tu aimes ton corps ? » Les réponses qu’ils me donnent sont plutôt révélatrices : « Mon nez est tordu », « Mes cheveux sont tellement fins, c’est de la filasse et je ne peux rien en faire », « J’ai un gros derrière », « Il faudrait que je perde quelques kilos », etc., souvent suivi de « Pourquoi demandes-tu ? Tu as remarqué autre chose ? » La seule personne à ne pas mentionner son apparence est Mary, une femme de 87 ans, qui m’a dit : « Je l’aimais drôlement mieux quand j’avais dix ans de moins. Je marchais plus vite, je pouvais manger n’importe quoi, je n’avais pas à prendre de médicaments tout le temps et j’avais bien plus d’énergie. » A 87 ans, vous vous moquez d’avoir le nez tordu ou un gros derrière : vous n’avez pas besoin d’impressionner qui que ce soit et vous vous en fichez. Ce qui vous importe, c’est de vous sentir bien. Pourquoi attendre d’atteindre cet âge pour savoir de ce qui est important ?

Pendant des décennies, les gens ont appris qu’ils avaient un esprit, la partie supérieure de leur être qu’ils devaient tendre à Dieu s’ils ne voulaient pas rôtir en enfer, un intellect digne d’être éduqué, cultivé et perfectionné, et un corps méprisable et traître, l’instrument du diable, stupide, cupide, faible et fondamentalement indigne qu’il leur fallait « crucifier » afin de le dompter lorsqu’il faisait des siennes, et ignorer le reste du temps. En dépit des progrès énormes qui ont été faits, il reste toujours une honte profonde associée au corps, et beaucoup de gens lui sont plutôt étrangers, surtout dans ce pays. Un grand nombre des fondateurs de mouvements religieux, tels que Martin Luther, sont réputés pour s’être constamment flagellés et s’être infligés des tortures sans noms alors que d’autres, tels que Mary Baker Eddy, considéraient que la maladie était une manifestation du péché et préconisaient la guérison par la prière et la foi ; même si la médecine pouvait être consultée lorsque toute autre méthode avait échoué, il existe énormément de cas dans lesquels adultes et enfants sont morts inutilement par manque d’intervention médicale opportune. Et bien que nous ayons réellement fait des progrès, beaucoup de prédicateurs et de congrégations continuent à utiliser un vocabulaire suranné : « la chair est stupide », « il faut crucifier la chair », « le péché cause la maladie », « repentez-vous et priez Dieu qu’il vous guérisse ». Avec un tel héritage, il n’est pas étonnant que les gens aient peur de leur corps.

De ce fait, les gens sont constamment divisés et ambigus à son sujet. Ils ont une conscience aiguë de son apparence, renforcée par les media, mélangée à un manque de compréhension élémentaire de son fonctionnement interne et de son impact sur leur apparence extérieure. De plus, un livre sur deux écrits pour le public dans le but de l’aider à résoudre cette dichotomie se sert, avec de bonnes intentions, d’analogies « cliché » qui tombent à côté du but. Je ne pourrais pas vous dire le nombre de fois où j’ai ouvert un de ces bouquins pour y lire : « Votre corps est comme une voiture. Il a autant besoin de fuel qu’elle réclame de l’essence pour fonctionner », « Votre corps est comme un moteur : il lui faut des vidanges et des check-up réguliers », « Etre trop lourd équivaut à conduire une voiture trop chargée : elle se traîne, ne peut pas prendre de vitesse et s’use prématurément. » Je n’ai toujours rencontré personne qui m’ait dit : «Whoa, quelle découverte d’apprendre que mon corps est comme une voiture ! Cette réalisation m’a donné un tel coup de fouet que je me suis précipité à la gym illico et que j’ai perdu dix kilos ! ». Le problème de l’analogie avec la voiture est qu’elle est trop superficielle et pas complètement pertinente. Les gens qui ont une voiture l’ont achetée et ils savent qu’ils ne l’utiliseront que pendant une période limitée : personne n’achète une voiture avec l’idée qu’elle durera toute une vie. On l’espère peut-être bien mais on n’y croit pas du tout. Dans le fond, on sait très bien que, lorsqu’elle ne fonctionne pas bien, on peut l’apporter à un mécanicien, lui donner les clés et la lui laisser pendant le temps nécessaire pour qu’elle soit réparée. On n’a pas besoin de savoir ce qui ne marche pas : c’est le travail du mécanicien et c’est pour ça qu’on le paie. Dans le pire des cas, on peut en acheter une autre.

Une de mes amies qui a 30 kilos de trop et qui est misérable me montrait récemment un de ces livres mentionnant la voiture « trop chargée ». L’air malheureux, elle m’a dit : « Voilà mon problème : j’ai trois gosses et un mari. Quand la voiture est trop chargée, j’en descends et je leur demande de la décharger.  Qui est-ce qui va me décharger de mes 30 kilos ? Tout ce que ce bouquin me dit, c’est qu’être dans mon état est très dangereux pour moi. Si je n’ai déjà pas l’énergie d’aller à la gym, ça ne m'a dit toujours pas comment l’avoir pour commencer. Du coup, non seulement je suis toujours trop grosse et pas en état de faire de l’exercice mais, en plus, maintenant, ça m’a flanqué la trouille. En outre, si je suis leur régime, je vais passer ma vie à faire la cuisine. Je travaille à plein temps, j’ai des enfants et un mari. Où vais-je trouver le temps de la faire ? Le type qui a écrit ce bouquin a écrit ce qui marche pour lui. Il ne sait pas si ça peut marcher pour moi ! » Elle avait raison et si ces livres aidaient vraiment, on n’en aurait pas besoin de centaines.

Votre corps n’est pas une voiture. Il est avec vous pendant toute votre vie. Vous ne pouvez pas l’acheter, le louer avec option d’achat, l’échanger ni le mettre à la casse. Permettez-moi de clarifier : vous pouvez le « mettre à la casse » mais il restera quand même avec vous jusqu’au bout. Vous êtes coincé avec et vous désespérez de regagner votre santé et votre énergie. Vous le pourriez en suivant les conseils de ces livres mais ces conseils vous demandent de faire le genre d’efforts… pour lesquelles vous n’avez déjà pas l’énergie. Quelle situation difficile !

Le problème suivant avec lequel vous êtes confronté est l’aspect émotionnel de votre relation désunie avec le corps : vous ne voulez pas trop savoir ce qu’il y a à l’intérieur. Cela vous rend mal à l’aise. Vous avez peur de le savoir. Ça vous dégoûte. Grande nouvelle : comme tout organisme vivant, il mange, il défèque et il se reproduit. C’est un chef-d’œuvre de création, semblable à 6 milliards d’autres… mais pas pareil. Il n’existe aucun corps pareil au vôtre. Deux corps ne fonctionnent jamais exactement de la même manière. Il en découle donc que personne ne peut connaître votre corps aussi bien que vous. Ce qui est valable pour l’un ne l’est pas automatiquement pour l'autre. Ce que je peux digérer peut être différent de ce que vous pouvez tolérer. Ce qui me donne des allergies peut être différent de ce qui vous en provoque.

Lorsque nous traitons notre corps comme une voiture, nous demandons à nos médecins un travail de mécanicien : on le lui apporte et on s’attend à ce qu’il comprenne son fonctionnement à la vue, au nez, au toucher et aux tests. La connaissance de notre docteur est fondée sur l’étude des similarités : tout le monde a un cœur qui bat, un foie, un pancréas, etc. Théoriquement, ils sont supposés remplir certaines fonctions, ce qu’ils font d’une façon similaire… mais pas exactement identique. L’ordre dans lequel les réactions chimiques s’y produisent peut être le même, mais leur qualité diffère en fonction  de notre hérédité, notre environnement, nos maladies passées, notre toxicité, nos déficiences immunitaires, etc. En fait, lorsqu’on vous fait des analyses, les résultats sont déterminés par rapport à des échelles de valeur considérées « normales » ou « anormales ». Ces échelles ont été établies en fonction de statistiques. « Statistiques : la seule science qui permette à différents experts utilisant les mêmes figures d’en tirer des conclusions différentes.» Evan Esar. Si nous étions complètement pareils, un seul nombre s’appliquerait à tout le monde sans exception, les médicaments auraient les mêmes effets pour tout le monde et les effets secondaires seraient clairement déterminés et automatiques au lieu d’être « potentiels ». En d’autres termes, nous ne sortons pas d’une ligne d’assemblage. Personne, donc, ne peut découvrir comment nous fonctionnons individuellement.

Par où commencer, alors ? Trois mots : recherche, recherche, recherche. Et… Courage, foi, espoir, expectative. Tout ça, ce sont très bonnes choses. Où commencer vos recherches ?  www.drnatura.com. Et si vous avez des questions, écrivez-moi à CBrightlife@aol.com.

Christine