My DrNatura Experience

 

L’oeuf ou la poule? Ou est-ce vraiment important ?

Je connais des gens qui, de part leurs épreuves, erreurs et succès, auraient pas mal à nous apprendre mais qui ne le font pas, pour toutes sortes de raisons : peur d’être critiqués, manque de temps, indifférence, Dieu seul le sait… Et encore, Il n’en est même pas sûr. Qu’elle gâchis d’une bonne expérience et quelle perte pour nous autres ! Je connais d’autres gens qui n’ont rien à dire valant la peine d’être entendu mais qui ne la ferment jamais quand même. Finalement, la dernière catégorie, et de loin la plus petite, comprend ceux qui ont quelque chose de valable à dire, qui prennent la peine de le faire et qui ont un impact positif dans la vie de quelqu’un d’autre. J’ai raté toute chance d’appartenir à la première catégorie le jour où j’ai pris ma première inspiration. Et comme on ne peut pas savoir si ce qu’on veut faire marchera tant qu’on ne l’essaie pas d’abord et que je suis optimiste par nature, j’ai décidé de partager les bribes d’intelligence glanées au fil des ans et… advienne que pourra : bien que j’aie déjà une petite idée, je m’en remettrai à vos réponses pour le découvrir.

Il y a à peu près 25 ans, j’ai décidé sur un coup de tête de quitter la France, un pays peuplé à l’époque de 55 millions d’habitants de la taille de la Californie, et de m’installer aux Etats-Unis. J’étais jeune, naïve, française jusqu’au bout, arrogante (redondant ?) et invincible. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais y trouver, si je m’y plairais, si je pourrais m’y adapter ou quoi que ce soit d’autre. Tout ce que je savais, c’était que la France était devenue trop petite pour que je puisse déployer mes ailes. (J’avais cassé quelques ponts pendant mes premiers vingt-cinq ans mais, en y repensant, la plupart ne m’auraient pas servi à grand-chose et un certain nombre d’entre eux sont morts et enterrés depuis longtemps. Dieu me pardonne mon ignorance). Au hasard, j’ai choisi San Francisco dont je ne savais absolument rien. Je ne parlais pas un mot d’anglais qu’on m’avait forcée à apprendre mais que je détestais avec une passion telle que je ne l’avais jamais étudié.

En plus d’être jeune et naïve, j’étais aussi une rêveuse désabusée chronique et une opportuniste : quand je voulais vraiment quelque chose, je savais voler, tricher et mentir pour l’obtenir. (Ne me regardez pas comme ça ; vous n’êtes pas Mère Térèsa non plus et vous savez très bien ce que vous avez fait). Il m’a fallu du temps, quelques claques dans la figure et un changement radical de valeurs morales, mais j’ai pas mal grandi depuis : j’ai découvert des moyens meilleurs et plus honorables d’obtenir ce que je veux ou de me priver de tout ce qui me demanderait de commettre sciemment toute action immorale.

Pour pouvoir venir ici légalement, il me fallait un « parrain » qui vive déjà ici. Quel meilleur moyen pour en trouver un qu’en mettant une annonce dans un journal que je savais être publié aux US ? Il se trouve que le Herald Tribune avait un bureau à Paris. Complètement inconsciente des risques que j’allais prendre, j’ai donc mis mon annonce, offrant mes services comme fille au pair. Il m’importait peu que je n’aime pas les gosses en tant qu’espèce vivante et que je n’aie ni l’expérience, ni la formation pour le job : l’opportunisme était la règle du jeu.

La providence (ou Dieu, si vous préférez l’appeler comme ça) décida d’épargner un pauvre gamin innocent et s’arrangea pour que la seule annonce que j’aie les moyens de placer soit lue par Paul, un homme âgé, célibataire, gentil et inoffensif, qui possédait une agence de voyage et un bar dans la région de San Francisco. Quelque temps plus tard, je reçus une lettre de lui, dans laquelle il expliquait qu’il voyageait souvent et qu’il avait besoin de quelqu’un à domicile pour s’occuper de ses chats et de ses affaires.  Serais-je intéressée et y aurait-il moyen d’en discuter par téléphone ? Il m’appellerait tel jour, à telle heure. Intéressée, moi ? Quelle question ! Ma meilleure amie à l’époque, qui parlait anglais couramment, traduisit pour moi la lettre et ma réponse. Au jour et à l’heure convenus, Paul appela mon numéro (le sien) et nous en discutâmes (elle en discuta). En raccrochant, Paul était sûr que je parlais anglais (je n’en parlais pas un mot), que j’avais mon permis de conduire (je ne l’avais pas) et que je saurais me débrouiller pour faire le travail dont il aurait besoin (nous découvrîmes par la suite que je le pouvais : une vérité sur trois, ça n’était pas si mal).

Paul était un homme aisé : il m’envoya un billet d’avion pendant que je m’occupais de mon visa de touriste. Le 8 août 1982, munie seulement d’une malle pleine de vêtements, quelque sous en poche, la tête pleine de rêves et sans aucun souci pour le futur, j’atterrissais à l’aéroport international de San Francisco.

Il est vite devenu apparent à Paul que j’étais une canaille et qu’il s’était fait arnaquer. Etant lui-même un escroc, il respectait mon cran (cette histoire deviendra vite pertinente, ne vous impatientez pas) et ma détermination. Je mentirais si je disais qu’il me faisait confiance mais c’était réciproque. Comme il avait besoin que je parle anglais et que je sache très vite conduire, il claqua ce qu’il le fallait pour m’inscrire immédiatement à Foothill College et dans une auto-école. En un rien de temps, ce qui avait commencé comme mensonges est devenu réalité et j’étais très vite capable de naviguer en casse-cou et de converser dans toute la région, au volant d’une voiture qui ne m’appartenait pas et que je m’inquiétais donc pas de démolir.

Être casse-cou ne dure qu’un temps et, éventuellement, ça se paie : trois mois plus tard, sans expérience, revenant de Scotts Valley sous une pluie battante et à une vitesse folle sur l’autoroute 17 rendue glissante par la terre glaise ruisselant des talus, j’ai soudain du freiner (débile). J’ai tout de suite perdu le contrôle de la voiture qui a heurté plusieurs fois les rails de sécurité des deux côtés de la route et a fait plusieurs tonneaux avant d’atterrir sur le toit de l’autre côté du rail, bloquée contre un arbre… l’arrière balançant à plus de cent mètres au-dessus du ravin. Pendant ces quelques secondes atrocement longues, avant que la voiture n’arrête de bouger, je me souviens clairement avoir ressenti dans le ventre une terreur sans nom. Mon cerveau enregistrait les images au ralenti. Je ne pensais à rien, je ne sentais absolument rien que ce nœud énorme dans le ventre. Tout mon être était englouti dans mon ventre. Je ne pense même pas avoir respiré une seule fois.

Je n’en suis pas morte (évidemment) et je me suis débrouillée pour m’extirper de la voiture fumante et me mettre en sécurité. C’est à ce moment là seulement que j’ai ressenti tous les symptômes et toutes les émotions associées à la terreur : le cœur battant si fort qu’il allait exploser, les jambes en coton, l’hystérie et, graduellement, la peur focalisée et les larmes. Oh mon Dieu ! J’ai failli mourir ! La voiture ! Qu’est-ce que j’ai fait à la voiture ? Et Paul ? Qu’est-ce que va dire Paul ? Et des crampes énormes dans le ventre telles que je n’en avais jamais eu. Quelque temps plus tard, un flic s’est arrêté, il m’a posé quelques questions et a appelé une ambulance. Celle-ci est vite arrivée et on m’a examinée brièvement : pas de fracture, pas d’hémorragie, apparemment pas de blessure interne. Avant de me relâcher, on m’a conseillé d’aller aux toilettes. Non, pas envie. Bien, j’allais sûrement avoir des douleurs partout pendant plusieurs jours. Si je sentais ou voyais quelque chose de bizarre, que j’aille tout de suite aux urgences. Oh, et au fait, il n’est pas rare d’avoir la diarrhée après un trauma majeur, donc que je ne m’inquiète pas si ça se produisait.

Comme de bien entendu, pendant plusieurs jours, j’avais mal partout. Et la diarrhée de ma vie. Par la suite, compte tenu de mon mode de vie de cette « bonne époque », j’ai eu pas mal d’autres aventures et, donc, pas mal de rendez-vous avec cette terreur sans nom, suivie de diarrhée. Et à chaque fois, je la ressentais distinctement dans le ventre.  Comme je m’habituais à la peur, quelque chose a commencé à se produire de plus en plus fréquemment : soudain et sans apparente raison, je ressentais une peur intense en même temps qu’un horrible étau dans le ventre. Et j’ai appris à m’inquiéter. Mon cerveau créait des scénarios effrayants tels que des assauts à main armée lorsque je sortais tard le soir et, immédiatement, je ressentais la peur dans le ventre. Parfois, je ressentais d’abord les nœuds dans le ventre avant que les pensées effrayantes ne s’imposent à mon cerveau. Les deux se produisaient toujours simultanément. La raison de cette histoire est que, à mon avis, il existe un rapport étroit entre les tripes et la trouille.

J’ai fini par apprendre à vivre avec ces « Mon Dieu ! Et si… » sinistres et paralysants qui durent et qui empoisonnent l’esprit, les tripes prises dans un étau presque constant. Et bien que je n’aie jamais souffert de problèmes digestifs, je pense que cette tension permanente dans mon ventre a fini par me bousiller la santé. Les nombreux parasites que j’avais l’ont probablement aussi aggravée. Rien de cela n’était pourtant suffisant pour me faire reconsidérer la valeur (ou manque de valeur) de mon mode de vie, jusqu’à ce qu’il me détruise et me réduise à l’ombre de moi-même que j’étais devenue lorsque j’ai découvert DrNatura.

Comme je n’avais jamais eu de troubles des intestins, je ne leur avais jamais accordé grande attention. Et honnêtement, j’avais presque oublié cet accident de voiture, son souvenir enfoui dans mon cerveau. Quand j’ai commencé le programme Colonix, c’était pour des raisons sans rapport avec le côlon. (Je l’ai raconté dans Mon histoire et A mon sujet.) Encore une fois, je n’ai  fait le rapprochement entre les tripes et la peur que plusieurs mois après avoir fini le programme, quand j’ai soudain réalisé que je n’avais plus peur dans des situations qui m’auraient effrayée et paralysée auparavant, telles qu’avoir plus de $250,000 de dettes sans salaire régulier par exemple… ou intervenir dans un combat de gros chiens (le mien peut être dominant et lui et moi n’avons pas encore établi qui de nous d’eux est l’alpha.) Colonix et Toxinout m’ont permis de me débarrasser de la peur !

J’adore faire des recherches. Un de ces jours, ce serait bien que la providence m’envoie un boulot qui paie mes factures tout en me permettant de faire des recherches. Cela dit, je ne m’inquiète pas : je ne sais même plus comment le faire. Bref, mon esprit curieux a cherché s’il existait un rapport entre la peur et les tripes.

Voici ce que j’ai découvert : beaucoup de civilisations bien plus anciennes que la nôtre, telles que les civilisations orientales ou antiques, considéraient le ventre plutôt que le cœur comme étant le centre des émotions.  Le cœur bat fort par la suite mais l’émotion elle-même provient du ventre. Le cerveau, à son tour, essaie de rationaliser l’émotion en lui surimposant des pensées spécifiques : plaisantes quand nous sommes amoureux, effrayantes quand nous avons peur, coléreuses quand nous sommes sur la défensive, etc.

En fait, même parmi les scientifiques, il semblerait qu’il existe deux courants concernant les émotions. Et dans le langage, nous parlons d’avoir des tripes ou les tripes solides pour décrire le courage ou d’avoir la tripe voyageuse, républicaine, etc., pour d’écrire ce qui nous nous fait palpiter de plaisir. J’ai trouvé plusieurs sites sérieux mentionnant le ventre comme centre des émotions ou, en tout cas, jouant un rôle intrinsèque dans leur manifestation. J’ai aussi trouvé pas mal d’articles sur les recherches des Dr. James Williams et Carl Lange, qui ont postulé que : [l’expérience consciente de l’émotion dépendait des réactions du corps et que le feed-back sensoriel provenant des viscères –c’est-à-dire le feed-back concernant les changements dans les organes- est responsable de la qualité de l’expérience émotionnelle… Notre peur provient du cœur qui bat et de l’estomac noué et nous sommes tristes parce que nous pleurons et non le contraire.]

En d’autres termes, notre corps gouverne notre esprit et nos émotions. Cette théorie est aussi confirmée par le Dr. Jesse Prinz, Ph.D. dans son livre : Gut Reactions

Je ne sais pas exactement dans quelle mesure les émotions gouvernent les réactions du corps ou vice versa et je ne prétends pas vouloir le clarifier, ce qui serait présomptueux de ma part. Cependant, le simple fait que les scientifiques reconnaissent l’existence d’une corrélation devrait suffire pour que quelqu’un souffrant de problèmes émotionnels veuille considérer faire un nettoyage interne comme point de départ de sa guérison. Il importe probablement peu de savoir qui, de l’œuf ou de la poule –esprit gouvernant le corps ou corps gouvernant l’esprit- est apparu en premier. Ce qui importe est qu’ils sont intimement liés.

La façon dont je vois les choses est simple : si notre santé émotionnelle peut être grandement améliorée par un nettoyage interne et une détoxication de 90 jours coûtant $325.00, au lieu d’une psychothérapie de 5 ans à $10,000, la décision devrait être facile à prendre…

Au fait, j’ai une théorie pour expliquer pourquoi les occidentaux ont décidé de faire du cœur et non des tripes le centre des émotions. Pouvez-vous imaginer les cartes de la St Valentin ?

Christine
CBrightlife@aol.com